REQUIN : Un pêcheur de Saint-Pierre raconte sa lutte acharnée durant la nuit contre le « Requin du Diable »

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Un combat nocturne, hors du commun

Oui les amis, Lo Canard est allé à la « pêche » aux infos pour vous (oui nou cherche rienk vré zafère pou di, nou lé pa menteur, zot y koné anou !!). Comme tout le monde le sait, depuis le début de la semaine, le terrible requin « Shark-Utaly », plus connu sous le surnom du « Requin du Diable », hanterait les vagues réunionnaises (les médias ne parlent que de ça, lisez-vous même).

Dans un précédent article, nous vous informions que les autorités locales avaient jugé opportuns et nécessaires d’interdire toute activité nautique et baignade pour plusieurs plages de l’Ouest. Étant donné l’ampleur de l’affaire et les effets néfastes liés aux fermetures de plages, d’activités diverses liées à la mer…sans compter la publicité désastreuse que cela génère au niveau touristique, l’image de l’île paradisiaque est belle et belle bien écornée à nouveau. On commence à dire, ici et là, qu’on ne peut pas continuer à « souffrir » avec cette affaire de requin plus longtemps. Lé pu possib oté ! lé tro dur…é nou compren, l’île la pou crévé, na pu touriste y vien, zotel lé vide…larzent y perde ! toute touriste y sava Maurice, laba na poin la grève, na poin requin, na poin requin y attake demoune oficièlman entouka…

Que dire aussi, oui, que dire, de la grande souffrance des surfers. Oui, leur souffrance est insoutenable, invivable, leur frustration de devoir rester sur la plage est une douleur sans nom. La privation est grande, le sacrifice immense et injuste.

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« C’est juste pas normal, il doit être surnaturel ce requin, sinon je l’aurais eu »

Face à cette souffrance insoutenable, insupportable et injuste, lé mol koi! Un pêcheur a décidé de lutter et d’aller chasser le monstre, la bête, le terrible « Shark-Utaly », et cela, au péril de sa propre vie, juste pour la gloire. L’acte est héroïque, personne ne dira le contraire.

Ce héros s’appelle Franco Mizouhet, un pêcheur d’origine corse d’environ 50 ans, très connu dans le domaine de la pêche à Saint-Pierre. Installé depuis plus de 35 ans à La Réunion, il possède son propre bateau, destiné exclusivement pour la « pêche au gros ». Toujours sous le coup de l’émotion qu’il a vécu la nuit dernière, il a accepté de nous raconter sa confrontation avec le « requin du Diable ». Son histoire est tout simplement extraordinaire (accroche azote, y fé peur ziska!) :

Propos de Franco Mizouhet (le bonhome y koze vite et son voix y tremb un peu): « Hier après-midi, sur le « Corsica » (nom de son bateau), j’suis allé en mer pour le trouver c’te saloperie de requin. Environ à deux kilomètres des côtes, j’ai lancé une corde de 145 mètres environ, amarrée à trois bidons. Un dispositif où j’ai accroché un fil d’acier et deux gros hameçons. Pour les appâts, j’ai fais simple, j’ai trouvé deux cadavres de chien sur la route (oui, néna un paké y traine su la route. Un appat de qualité pour le requin). Avec cette technique, si c’te saloperie mord au piège, il va vouloir plonger. Mais les bidons vont bien le fatiguer !

Une demi-heure passe, je viens juste de finir ma deuxième bière, et voila qu’une puissante secousse se fait sentir dans la ligne, le moulinet s’emballe, ça y est, j’me dis. Je m’attache à mon fauteuil… j’peux voir les bidons bouger dans tous les sens, faire du yoyo dans l’eau. C’est clair! Y’a un requin qui a mordu à l’un des hameçons…et vu comment le fil est tendu, c’est un putain de requin, j’me dis! 

J’ai lutté pendant 5 heures contre lui, j’ai tout donné, tout donné, je vous jure…j’ai lutté jusqu’à vomir ma bière! Impossible de ramener c’te saloperie. Je décide alors d’attacher la ligne au bateau et de le tracter un peu pour l’épuiser. Y’avé pu d’autres solutions…mais 10 secondes après…voila pas que le fil d’acier pète!…un fil d’acier d’une résistance de 300kg !!…c’est la première fois que ça s’produit avec ce type de fil, c’est le meilleur fil que j’avais…c’est juste pas normal ce truc, il doit être surnaturel ce requin, sinon putain de merde, je l’aurais eu!».

Une sacrée histoire, racontée avec une certaine angoisse palpable encore dans ses yeux. L’homme est abattu, sa lutte avec l’animal l’a énormément marqué, autant physiquement que psychologiquement. Il aura échoué contre la bête, sa pire défaite. Pensant qu’il avait terminé son récit, voila que notre ami rajoute encore quelques mots, qui donnent froid dans le dos : « le plus dingue, c’est qu’après avoir cassé la ligne, j’ai plus vu de bidons…rien!…il peut plonger avec 3 bidons!! j’ai jamais vu ça ! là…ç’ma foutu un peu la pétoche », nous dit-il encore, avant de nous quitter, l’air toujours abasourdi et désappointé. A ékoute ali, nou croiré presk ke nou lé dan le film « les Dents de la mer ».

Ala donc, le premié témoignage d’un boug, lo premié la parti bataye contre le monstre. Nou peu pa di ké toutesa y rassure anou…le requin du Diable y porte bien son nom. Franco Mizouhet espère rapidement retourner le chasser et prendre sa revanche sur le squale. Plusieurs pêcheurs vont se joindre à lui.

Un requin contre une armée de pêcheurs. Espérons que cette fois-ci, l’issue sera différente pour nous, pour la plage, pour le surf, pour les touristes, pour les bars, pour les restos, pour les hôtels… et pour toute La Réunion entière. La nou di sérieusement, Franco Mizouhet, sove anou, je t’en prie, sove Lo Canard….sove anou Bon-Dié Seigneur!


Sources des images :Wikimedia;


Ceci est une fiction humoristique et parodique. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagin